Le passage à la frontière s'est passé simplement; le plus difficile était d'y arriver. Le relief de montagne conjugué à des routes difficilement praticables, voire à des pistes, m'ont compliqué la tâche.
Halte restauration, les ananas étaient excellents.
Au début, le terrain était relativement facile. J'ai suivi ce cours d'eau pendant un moment.
En traversant de nombreux villages.
Certain(e)s travaillent au champ. Les femmes participent à tous les travaux agricoles : repiquage du riz ou labours.
Pendant que, souvent, les hommes (à gauche sur la photo) surveillent, observent, contemplent, conseillent, fument...
Entre sueur et poussière
Nombre d'entre eux sont envahis par la poussière dès qu'un véhicule le traverse. Et c'est fréquent. J'ignore où j'en suis de mon bilan carbone, mais ce que je respire comme particules polluantes de toutes sortes me dope probablement.
Dans cet environnement, même les fleurs font triste mine
Entre rire et méfiance
Les gamins sont toujours là pour me souhaiter la bienvenue. Certains se mettent à pleurer quand ils me croisent. Il est vrai que mon look peut parfois faire peur.
A partir de là, la situation a changé.
Il a d'abord fallu traverser quelques petits cours d'eau.
Heureusement, les enfants m'ont aidée à pousser Takaya (qui fait son petit poids).

Ensuite, je n'ai plus croisé grand monde. Sinon des personnes qui travaillent à la construction d'une route.

D'autres qui portent des charges incroyables. Adultes ou enfants. De toute façon, la mécanisation est quasiment inexistante au Laos.


Peu à peu (au Laos, le plat n'existe pas), ça grimpait. Et ça n'en finissait jamais de grimper, sans être toutefois pénible. Certes, les paysages sont grandioses. Avec la brume, on ne se rend pas forcément compte. De plus, je me suis habituée au dénivelé, je l'apprécie même quand il est régulier.
Parfois, un village se trouve sur mon chemin.
Et les enfants se retrouvent vite autour de mon vélo. Ce qui m'assure un succès considérable (hormis mon look), c'est le klaxon jaune (que vous apercevez sur les photos).
Au détour d'un virage, je tombe nez à nez (roue à roue) avec un Américain qui parcourt le monde depuis un certain temps.
Puis avec Julie et Arnaud, un couple de Français qui voyagent en tandem depuis plus d'un an.
Au Laos, pendant une semaine, je n'ai cessé de rencontrer des cyclos dans tous les sens (sauf dans le mien). En revanche, ça fait 10 jours que je ne croise plus aucun touriste.
Après une nuit dans une guest-house sordide, j'ai poursuivi mon chemin vers la frontière.
De bon matin, les femmes partent travailler pour la journée : ramasser du bois ou glaner ce qu'elles peuvent dans la jungle.

Et encore

Le chemin se fait de plus en plus escarpé.
Je suis à bout de force (j'exagère un peu pour les besoins de la narration ; toutefois, je suis quand même tombée, sans me faire mal, tant c'était raide et caillouteux), tout comme Takaya, qui a la béquille qui flanche. Admirez son côté penché.
Et là, enfin, ce n'est pas un mirage. Le bitume remplace la piste, me voici donc au Vietnam.
Quoique pas réellement. Il s'agit ici du poste frontière laotien. Il me faudra encore parcourir 5 kilomètres avant d'arriver au Vietnam. Là, j'y suis.

Vous remarquerez que cette frontière n'est pas la plus fréquentée. J'arrive au Vietnam à Dien Bien Phu (encore 30 kilomètres à franchir), tristement célèbre pour la France puisque qu'elle a été le théâtre d'une grande défaite en 1954 qui marquera le départ de la France d'Indochine. Si les troupes françaises ont été asphyxiées dans la cuvette de Dien Bien Phu, moi, j'ai retrouvé ma respiration dans la plaine de Dien Bien Phu. Même si ce fut long d'y arriver, je n'ai pas signé là une défaite. Pour me récompenser de tous ces efforts fournis, je m'autorise une banane (j'en suis à un régime de bananes par jour).