Silence radio depuis un certain tempsPour vous, il y a eu les vacances de la Toussaint. Pour moi, il y a eu les vacances au Laos : je suis allée me rafraichir à la montagne, dans le nord du pays. Depuis que la mousson a cessé, il fait de plus en plus chaud bien que ce soit l'hiver ici. Certes, le soir, tu sors ta petite laine. L'après-midi, la température approche plutôt les 35 °C.
Après avoir franchi la frontière du Laos, je suis descendue sur
Luang Prabang en bateau (où j'ai d'ailleurs rencontré mes premiers cyclos : des Suisses qui revenaient de Chine) pour retrouver des amis, Alain et Monique.

Regardez bien, c'est lui sur le toit.
Le
Mékong est l'axe principal du Laos (il s'étale sur 1 500 km et possède 15 affluents majeurs), c'est pourquoi vous le trouverez sur le blog photographié sous toutes ses coutures : d'en haut, d'en bas, au coucher de soleil, au lever de soleil... Vous allez en faire une indigestion du Mékong.




Accompagnée de Monique et Alain, j'ai donc abandonné Takaya à Luang Prabang dans une guest-house pour partir dans le
nord du Laos (à proximité de la frontière chinoise), dans le district de
Phongsali. Nous y avons fait une randonnée de cinq jours (assez difficile à organiser car le Laos développe principalement des circuits de 2 ou 3 jours). J'étudie la topographie des lieux avant d'enfourcher ma bicyclette. Et ce que je vois me fait redouter le pire.
En bus, il nous a fallu 2 jours (6 heures + 9 heures) pour arriver à Phongsali.
Pas toujours facile d'y trouver sa place


Mais, au final, le spectacle est toujours assuré.
Les montagnes et les hauts plateaux occupent environ 70 % du Laos. Les voies de communication ne sont pas très nombreuses, ce qui m'évitera de me tromper de route. Les moyens de transport sont lents (beaucoup de routes sont en cours de construction) et les infrastructures rudimentaires. L'option (assez fréquente, surtout en montagne), c'est la piste. Je n'ai pas encore testé à vélo, mais ça promet.
Ancien royaume du "million d'éléphants" (je n'en ai aperçu qu'un, et de loin, jusqu'à présent), le Laos est un pays peu peuplé (6 millions d'habitants). Bien qu'il fasse partie des Etats les plus pauvres de la planète, on n'y voit pas de véritable misère. Malgré tout,après la Thaïlande, la différence de niveau de vie est flagrante. Les paysans, majoritaires à 70 %, subviennent à leurs propres besoins.
La vie y est rude, ce dont nous avons pu nous rendre compte lors de notre randonnée. Nous avons traversé des villages éloignés de tout (accès à l'eau difficile, souvent pas d'électricité, absence de dispensaire).
Les femmes participent aux travaux agricoles (elles vont chercher de quoi manger) : elles quittent le village tôt le matin pour ne revenir qu'à la fin de la journée et préparer le repas du soir. Les hommes sont plus présents dans les villages et s'occupent beaucoup des enfants. Ils sont aussi sollicités pour les travaux de coupe d'arbres dans la forêt.



Les enfants sont souvent en charge des corvées d'eau



Les animaux sont très présents dans les villages, notamment les cochons qui nettoient les lieux en mangeant tout ce qui se présente à eux. J'ai oublié de préciser qu'il n'y avait pas de toilettes dans les villages ! Pas gênant le soir venu, mais c'est plus compliqué le matin de trouver un endroit paisible pour aller aux toilettes ; la forêt n'est pas forcément toute proche. Voilà le genre de problème essentiel auquel je suis confrontée au quotidien ! Les poules, les chiens et beaucoup de poussière complètent le tableau.


Fait surprenant : les villages possèdent tous une école primaire. Les choses se compliquent pour après : les enfants doivent aller plus loin. L'accueil des enfants est souvent chaleureux : ils ont envie de se voir en photo. Nous sommes allés rendre visite à une école. L'autorité du maître semble incontestée : les enfants ne bronchent pas.


Nombre de villages (construits en hauteur) que nous avons traversés sont habités par les Akhas (minorité ethnique importante dans cette région). La diversité ethnique règne au Laos : le pays comporte quelque 68 groupes ethniques qui se distinguent par l'altitude à laquelle ils se sont implantés.



Le trek, en résuméAu programme : montagne, jungle, village akha et rivières (25 en une journée + 15 le lendemain), bananeraies (propriétés des Chinois). Mieux vaut oublier les chaussures de marche et adopter la tong.



Mais aussi les marchés où décidément on trouve de tout. Je suis tombée face à face avec une femme qui avait un rat à la main qu'elle s'apprêtait à "dépoiler" (pourquoi pas, il y en a tellement ici, autant qu'ils servent à quelque chose)...



Et voici d'autres animaux non identifiés.

Vous reconnaîtrez sans problème un écureuil, que nous avons mangé le soir même. Je ne me suis pas précipitée sur le plat servi en commun. Il n'y a pas grand-chose à manger, et la viande est élastique.

Les chauves-souris se mangent aussi. J'ai pu retrouver tout ce beau monde sur les étals des marchés, parfois dans mon assiette. Finalement, c'est pas mal d'être végétarien. Le guide nous disait que l'on mangeait aussi des chiens, comme au Vietnam. La nourriture est moins abondante qu'en Thaïlande : l'essentiel est de se nourrir. Riz gluant ou noir (chez les akhas), poissons, épinards (en fait des algues récupérées dans les rivières), cacahuètes constituent la base des repas. Les petits-déjeuners sont des repas comme les autres, peut-être même plus copieux.

J'allais oublier leur boisson : le lao lao (alcool de riz proche de l'eau de vie) est servi dès le petit-déj' (et toujours par deux). Comment commencer une journée de marche dans la bonne humeur ! C'est, bien entendu, mal vu de refuser. Les hommes en boivent beaucoup , le chef du village l'appréciait tout particulièrement.
La vie autour de la rivière permet aux femmes de préparer à manger, de nettoyer leur linge, de se laver, d'y préparer les animaux tués, comme cette poule...



Un astucieux système d'hydrolienne sur les rivières permet d'avoir l'électricité dans ces lieux isolés.

Sans oublier de temps en temps, un temple par çi par là, un coucher de soleil, ou mieux encore les deux associés!


Voici en très raccourci les 15 jours passés sans mon vélo : il est frustrant de n'en donner qu'un aperçu aussi rapide et peu documenté. Je me suis régalée au niveau de la marche, pas toujours facile. Notre guide était fatigué au terme de ces cinq jours.
Les conditions de vie des villageois sont difficiles et rudimentaires, notamment à cause du manque d'eau : le point d'eau se trouve souvent autour du village et non à l'intérieur de celui-ci. Dès lors que des robinets sont installés dans les villages mêmes, la vie est quelque peu facilitée.
Nos critères en matière d'hygiène ont parfois été mis à mal. Mais ce fut riche de rencontres et de découvertes.