mercredi 8 décembre 2010

Laos, ce n'est qu'un au revoir

J'ai quitté le Laos il y a plus d'une semaine maintenant (le 30 novembre), mais j'y repasserai dans quelques mois pour visiter le sud, où je n'ai pas eu le temps d'aller. Du nord du Laos, il était plus simple de continuer sur le nord du Vietnam. Par ailleurs, je retrouve un ami au Vietnam, début décembre.
Le passage à la frontière s'est passé simplement; le plus difficile était d'y arriver. Le relief de montagne conjugué à des routes difficilement praticables, voire à des pistes, m'ont compliqué la tâche.

Halte restauration, les ananas étaient excellents.






Au début, le terrain était relativement facile. J'ai suivi ce cours d'eau pendant un moment.



En traversant de nombreux villages.



Certain(e)s travaillent au champ. Les femmes participent à tous les travaux agricoles : repiquage du riz ou labours.





Pendant que, souvent, les hommes (à gauche sur la photo) surveillent, observent, contemplent, conseillent, fument...




Entre sueur et poussière

Nombre d'entre eux sont envahis par la poussière dès qu'un véhicule le traverse. Et c'est fréquent. J'ignore où j'en suis de mon bilan carbone, mais ce que je respire comme particules polluantes de toutes sortes me dope probablement.







Dans cet environnement, même les fleurs font triste mine

Entre rire et méfiance

Les gamins sont toujours là pour me souhaiter la bienvenue. Certains se mettent à pleurer quand ils me croisent. Il est vrai que mon look peut parfois faire peur.






A partir de là, la situation a changé.



Il a d'abord fallu traverser quelques petits cours d'eau.



Heureusement, les enfants m'ont aidée à pousser Takaya (qui fait son petit poids).



Ensuite, je n'ai plus croisé grand monde. Sinon des personnes qui travaillent à la construction d'une route.





D'autres qui portent des charges incroyables. Adultes ou enfants. De toute façon, la mécanisation est quasiment inexistante au Laos.











Peu à peu (au Laos, le plat n'existe pas), ça grimpait. Et ça n'en finissait jamais de grimper, sans être toutefois pénible. Certes, les paysages sont grandioses. Avec la brume, on ne se rend pas forcément compte. De plus, je me suis habituée au dénivelé, je l'apprécie même quand il est régulier.





Parfois, un village se trouve sur mon chemin.
Et les enfants se retrouvent vite autour de mon vélo. Ce qui m'assure un succès considérable (hormis mon look), c'est le klaxon jaune (que vous apercevez sur les photos).





Au détour d'un virage, je tombe nez à nez (roue à roue) avec un Américain qui parcourt le monde depuis un certain temps.



Puis avec Julie et Arnaud, un couple de Français qui voyagent en tandem depuis plus d'un an.
Au Laos, pendant une semaine, je n'ai cessé de rencontrer des cyclos dans tous les sens (sauf dans le mien). En revanche, ça fait 10 jours que je ne croise plus aucun touriste.


Après une nuit dans une guest-house sordide, j'ai poursuivi mon chemin vers la frontière.



De bon matin, les femmes partent travailler pour la journée : ramasser du bois ou glaner ce qu'elles peuvent dans la jungle.



Et encore





Le chemin se fait de plus en plus escarpé.



Je suis à bout de force (j'exagère un peu pour les besoins de la narration ; toutefois, je suis quand même tombée, sans me faire mal, tant c'était raide et caillouteux), tout comme Takaya, qui a la béquille qui flanche. Admirez son côté penché.



Et là, enfin, ce n'est pas un mirage. Le bitume remplace la piste, me voici donc au Vietnam.



Quoique pas réellement. Il s'agit ici du poste frontière laotien. Il me faudra encore parcourir 5 kilomètres avant d'arriver au Vietnam. Là, j'y suis.



Vous remarquerez que cette frontière n'est pas la plus fréquentée. J'arrive au Vietnam à Dien Bien Phu (encore 30 kilomètres à franchir), tristement célèbre pour la France puisque qu'elle a été le théâtre d'une grande défaite en 1954 qui marquera le départ de la France d'Indochine. Si les troupes françaises ont été asphyxiées dans la cuvette de Dien Bien Phu, moi, j'ai retrouvé ma respiration dans la plaine de Dien Bien Phu. Même si ce fut long d'y arriver, je n'ai pas signé là une défaite. Pour me récompenser de tous ces efforts fournis, je m'autorise une banane (j'en suis à un régime de bananes par jour).

vendredi 26 novembre 2010

On the road again

Route de Luang Prabang vers la frontière vietnamienne

C'est pas le tout, mais quand je ne fais pas de vélo, je m'active sur le blog. N'ayant pas souvent internet en ce moment, j'en profite pour écrire deux articles en une journée.

Ce serait mieux si je pouvais à l'aide d'une carte vous montrer le parcours. J'ai du mal avec Goggle Map, et surtout je n'ai pas trop de temps.
En gros Luang Prabang est au nord du Laos, et je me dirige encore plus au nord, vers l'est. Je vais franchir la frontière vietnamienne dans quelques jours (1er décembre) pour aller au Vietnam, où j'y retrouverai un ami. J'y passerai le mois, et je reviendrai ultérieurement au Laos, car je n'ai pas eu le temps de visiter le sud. De toute façon, le visa n'est valable que pour un mois.

J'ai repris la route avec beaucoup de plaisir. C'est génial à vélo, bien que ce soit souvent difficile. Comme je l'ai signalé le Laos est composé de montagnes et de hauts plateaux. En bref, ça grimpe, mais c'est superbe : les paysages sont à couper le souffle (tout comme les montées d'ailleurs).

Je me contente de vous livrer en vrac quelques photos sans commentaires, ou presque






Avec plein de rencontres







Certaines plus inattendues que d'autres.





Sans oublier les pauses pour déjeuner. Les femmes étaient en train d'ébouillanter le canard avant de le déplumer.



L'activité dans les champs est très riche et mériterait un chapitre à part entière. Un jour peut-être...





Je trouve le plus souvent refuge dans des endroits sympathiques.




Ici, j'ai sympathisé avec ce couple charmant. C'est devenu ma cantine. Je mangeais chez eux, matin, midi et soir et leur ai ramené des clients. La table se trouvait quasiment dans la pièce où ils dormaient.





Dès lors que je me balade à vélo, les enfants viennent souvent à ma rencontre. Et alors ma sonnette jaune sur mon vélo les enchante. C'est vrai aussi pour les adultes.



C'était à la sortie de l'école



Pour ceux qui ne vont pas encore à l'école, leur premier apprentissage est le maniement du couteau (ou de la machette). Scène courante qui n'affole personne. Je m'y suis aussi habituée, et il semble plus habile que moi dans ce domaine. Le second (apprentissage) est de monter sur un scooter.



Les Laotiens (c'est vrai aussi pour la Thaïlande) adorent les enfants. Les hommes s'en occupent vraiment beaucoup. Etant donné que les femmes ont l'air de faire tout le boulot, elles ont peut-être moins de temps pour s'en occuper.



Et voici les centres commerciaux locaux














Mon dernier parcours qui m'a fait quelque peu souffrir : 88 kilomètres de montagne (dont une cinquantaine de montée) sur une route très dégradée. Mais les paysages en valaient la chandelle. Les habitants des villages traversés se prennent, eux, la poussière à longueur d'année.

Invitation eau voyage

Depuis que l'idée a germé, un temps certain s'est écoulé. Eh oui, déjà deux ans que le projet de départ ne me quitte pas. Enfin presque. Certes, il a pris le temps de revêtir toutes les formes possibles et imaginables. Pourtant, quand il a émergé de mon esprit embrouillé, je me suis imaginé que c'était l'idée du siècle. Que personne auparavant n'avait pu concevoir quelque chose d'approchant. Modeste que je suis…
Dès que je me suis penché sur la question pour préciser l'étincelle de départ, je me suis rendu compte qu'à peu près tout avait déjà été envisagé et accompli, le plus souvent, superbement. Alors, retour au point zéro? Point du tout.
L'objectif n'est pas de concevoir l'exploit, mais de mettre en place un voyage sur le long cours qui remplissait plusieurs fonctions. Dans ce tohu-bohu d'envies multiples, l'idée prévalait d'en restituer du contenu. Voyageant seule, ma façon de partager est d'associer les autres.
L'envie n'est pas seulement de voyager. Même si le voyage m'attire irrésistiblement, je désire le vivre différemment, et donc le construire aussi autrement. C'est ce que je m'efforce de réaliser depuis… quelque temps.