
Parfois, ils sont à la taille des Vietnamiens. Autant dire que pour moi, il n'y a pas de problème... Pour certains Occidentaux , j'ignore comment ils peuvent s'y installer confortablement. J'entends souvent les vietnamiens me dire que je leur ressemble à cause de ma taille. En revanche, ils sont perplexes devant mon nez (grand comparé au leur). Nous sommes les "long nose". De même que ma pilosité, notamment sur les avant-bras, les fait bien rire (ils sont plutôt imberbes).
Le Mékong prend sa source au Tibet, dans l'Himalaya, à 5000 m d'altitude, parcourt 4500 km, traverse et irrigue 6 pays (Chine, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge, et Vietnam), avant de se jeter dans la mer de Chine en déversant des tonnes d'alluvions.
Ce qui fait de lui un paradis fertile pourvoyeur en fruits (papayes, noix de coco, mangues, fruits du jacquier, ananas, bananes, durians...) et légumes d'une large partie du Vietnam.
La présence du Mékong confère au paysage une physionomie très particulière : des chenaux s'entrecoupent en tout sens. Les maisons s'organisent autour du cours d'eau mais ont souvent une double ouverture : sur le fleuve et sur terre.

Sans oublier que cette région est le grenier à riz du Vietnam.
Depuis une dizaine de jours, je suis dans le delta du Mékong, au sud d'Ho-Chi-Minh ville (ex-Saigon).

Au cœur de cette région placée sous le signe de l’eau, le Mékong ommniprésent est le nerf névralgique de la région. Tout tourne autour de lui : axe de circulation, industrie, agriculture, pêche... Toutes les activités économiques reposent sur lui. Il s'étend sur un vaste bassin fertile, le delta du Mékong, qui comprend deux bras principaux. On peut le franchir par ces ponts gigantesques, souvent de construction assez récente. Ci-dessous celui de Can Tho, grand centre du delta.

La circulation sur le fleuve est considérable. Les gros tonnages cotoyent les plus petits.

Des produits en tout genre sont ainsi transportés : bois (bambous, ci-dessous), matériaux de construction (sable, pierres), charbon. Les marchés flottants permettent de vendre les fruits et légumes.

Les chantiers de construction de bateaux sont fréquents.
Dans cet eden tout plat (génial pour la cyclo que je suis) et verdoyant (donc pas monotone), j'ai retrouvé Philippe, un ami, avec lequel j'ai visité une charmante bourgade (Tra Vinh), à l'écart des circuits touristiques (ça fait un moment maintenant que je ne rencontre plus touriste qui vaille).
Avec plaisir, j'ai redécouvert les pagodes. Cela faisait un moment que je n'en avais visitées. Celles-ci sont d'influence khmere.
Avec ses dragons
Ses balais

Sa Belle au bois dormant. Ah non, c'est un Bouddha
Ses moines

Ses éléments non identifiés

Le sud est fortement marqué par l'empreinte khmere que je découvrirai pleinement au Cambodge. Même le physique des gens en porte la marque. Au cours de cette balade, deux fillettes nous ont accompagnés ; elles témoignent des types de physique différents.
L'accueil des locaux n'a cessé de nous surprendre ; nous avions l'impression de pouvoir être invités à chaque maison. Que de sourires et de bonjours échangés. Philippe parle un peu vietnamien, ce qui a le mérite d'ouvrir encore plus les portes. En outre, il prend des photos superbes (des portraits de gens admirables). Il m'a renvoyé quelques photos pour alimenter mon blog.
Il y a quelques années les maisons traditionnelles étaient comme celle-ci, construites avec les feuilles de cocotier séchées. De plus en plus, elles sont bâties en dur.
On y accède parfois par des ponts en bois précaires, comme celui-ci que j'ai dû emprunter, car j'ai été chaleureusement accueillie par les parents d'un ami vietnamien. Je mettais cinq minutes à chaque fois que je devais traverser. Le calme ici rompt avec l'agitation urbaine. C'est le seul endroit où le cocorico remplace le klaxon de la circulation.

Lors de mes pauses pour prendre un jus de canne à sucre ou manger un ananas ou une mangue... les attentions des vendeurs ne manquent jamais. On m'offre régulièrement un petit quelque chose. Ce qui n'était pas le cas au nord du pays.
On ne ménage pas non plus les sourires. Les "hello" fusent de partout, suivis de "What is your name, where do you come from, how old are you...". Ici, ce sont les personnes qui réclament d'être prises en photo.


Complètement séduite par la région, j'ai du mal à quitter ce lieu plus chaleureux et convivial que le reste du pays. Une mention spéciale pour cet endroit curieusement déserté par les touristes.
Si vous avez eu la chance de vous délecter de la galette des rois (qui me manque un peu, je dois l'admettre). Moi, j'ai les frangipaniers. J'adore.
Pour toutes ces raisons décrites en images ci-dessus, j'ai aussi eu du mal à sélectionner les photos. Il y en a vraiment beaucoup. Le choix s'est avéré délicat. Autre fait à signaler, j'ai perdu mon klaxon jaune (enfin, il ne m'en reste qu'un morceau) qui faisait tout l'attrait du vélo. Pas une raison tout de même pour me séparer de Takaya, bien que la concurrence soit rude et les propositions nombreuses. Les vélos électriques ont vraiment la cote, ils se répandent rapidement à travers tout le pays.

Bien que le costume traditionnel des étudiantes soit très seyant, je me limite à ma tenue crade de cycliste au long cours, qui a le mérite d'être "confortable". Sauf quand je joue à la touriste où je la troque pour m'habiller en fille. Une fois n'est pas coutume.

Je n'ai toujours pas profité de plages pour me baigner, j'apprécie davantage ses couchers de soleil sur la mer de Chine. End of Mékong...
Pourtant, je dois reprendre la route. Un nouveau pays m'attend : le Cambodge. Aussi difficile soit-il, le départ est inéluctable. Merci à mon père Noël, qui, au passage, m'a gratifié d'une certaine pompe à vélo qui m'a regonflée à bloc (merci Xavier) et de lunettes de soleil (merci soeurette) qui me permettent d'y voir plus clair. Je suis désormais garnie de belles auréoles autour des yeux.